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S'orienter dès la seconde pour Parcours Sup PARTIE 1 : vers la voie générale

📅 23 February 2026 ✍️ Olivier Fitter
S'orienter dès la seconde pour Parcours Sup  PARTIE 1 : vers la voie générale

Quels sont les critères pour s'orienter vers la voie générale, à quoi correspond-elle ? Et comment gérer le choix important des spécialités maintenant qu'on propose un "lycée à la carte" ?

Quand vos enfants, en fin de 3e, ont fait le choix de ne pas aller vers un bac professionnel, ils ont débarqué à la rentrée au lycée dit « général ». Mais cette classe de seconde est en fait une classe indéterminée, car elle mène à une voie générale OU technologique en classe de 1re. Ainsi, le terme « lycée général » est abusif en seconde. C’est en 1re qu’on intègre la voie générale OU technologique.


  1. L’organisation de la voie générale en bref pour les parents.
  2. Points de vigilance importants et malentendus courants.
  3. La seconde GT, un palier devenu crucial… mais à un moment si peu opportun !
  4. Il faut une stratégie et/ou être conscient des facteurs d’orientation.


1. L’organisation de la voie générale en bref pour les parents


Cela fait quelques années maintenant que le lycée a été complètement réformé. La dernière réforme Blanquer a fait disparaître les séries du baccalauréat qui avaient rythmé, pendant des décennies, les enseignements et les orientations en première et terminale. Exit donc les séries S, ES et L au profit d’un lycée général proposant, après la seconde qui est la même pour tous les élèves, un tronc commun et un enseignement de plusieurs spécialités.


Pas la peine de pleurer sur le passé. Je ne rappelle cette disparition que pour bien faire comprendre, par la suite, ce que le nouveau système a de plus pervers par certains aspects…


Dans cette première partie, parlons de la voie générale… Elle se compose sans surprise d’un « tronc commun » avec du français, deux langues vivantes (anglais et espagnol le plus couramment), de l’histoire-géographie, de l’EPS et d’un enseignement scientifique. *Sciences physiques et SVT regroupées dans une même matière à laquelle on a rajouté, dernièrement, les mathématiques depuis la rentrée 2023. Enfin, les maths pour ceux qui ne suivent pas la spécialité maths !


Les 3 spécialités de première sont à choisir parmi les mathématiques, la physique-chimie, les sciences de la vie et de la Terre, l’histoire géo-géopolitique-sciences-politiques, les humanités-lettres-philosophie, les langues-cultures-et-civilisations en anglais ou en espagnol, le numérique et sciences informatiques (NSI), ou les sciences de l’ingénieur (SI). Certains lycées proposent de façon plus rare une spécialité Arts.


En terminale, l’élève conserve le tronc commun auquel s’adjoint la philosophie, et abandonne l’une de ses spécialités de première, n’en gardant plus que deux.


C’est clair pour vous ? Eh bien si c’est le cas, c’est déjà super !
Vous avez compris donc que pour ceux qui ne choisissent pas la spé maths, ils sont « récompensés » par 1h30 de maths allégées en plus.


Les choix de spécialités au lycée (source Ministère Éducation nationale, MEN).


SES : Sciences économiques et sociales / SVT : Sciences de la Vie et de la Terre / HGGSP : Histoire géographie géopolitique et sciences politiques / LLCER : Langues, littérature et culture étrangère (Anglais ou Espagnol) / HLP : Humanité, philosophie, littérature / NSI : Sciences numériques et informatiques / SI : Sciences de l’ingénieur / LCA : Langues et cultures de l’antiquité.




Le ministère communique sur la nouvelle façon de décrocher le bac : Pour obtenir le bac, les choses changent radicalement car 40 % de l’examen est constitué des notes de 1re et de terminale (20 % en première et 20 % en terminale). Toutes les notes comptent, sauf celles des deux spécialités que l’on a en 1re et que l’on garde en terminale, sauf la philo et sauf le français (qui est évalué en fin de 1re – écrit et oral). Tous ces « saufs » constituent ce qu’on appelle le contrôle final et comptent pour 60 %.



2. Points de vigilance importants et malentendus courants


⚠️ 1er point de vigilance : Ce nouveau calcul et l’introduction du contrôle continu pour décrocher le « bacho » sont radicalement nouveaux pour les élèves et laissent peu de temps et de place pour voir venir, progresser ou remédier quand on n’a pas la chance d’être excellent sur tout, tout de suite, et qu’on tient quand même à son dossier ! En effet, pour le fameux dossier, les élèves tentent de ne pas se prendre de « tôles » alors qu’ils sont en phase d’apprentissage, notamment sur la méthode. Ce qui n’est pas l’aspect le plus simple en première et terminale.


⚠️ 2e point de vigilance : Le contrôle continu ne change rien, absolument rien, à la façon dont le candidat sera sélectionné après le bac. En effet, depuis toujours, les dossiers que montent les élèves de terminale pour postuler à des formations post-bac tiennent compte de leurs trois bulletins de première et des deux premiers bulletins de terminale (1er et 2e trimestres). Le contrôle continu ainsi introduit n’est nouveau que pour l’obtention du bac.


Beaucoup d’élèves pensent alors que les « spés » ne comptent pas pour le bac… C’est vrai pour les notes obtenues en cours d’année pour les spés conservées, mais tout recruteur post-bac aura accès aux bulletins et sera sensible à ce qui fait la spécialisation du candidat. Ces spés sont en outre probablement en rapport avec les vœux formulés pour le supérieur. Ainsi, ces résultats revêtent une importance tout à fait non négligeable !


⚠️ 3e point de vigilance : Quid de la spé « abandonnée »… On adore le qualificatif ! Autant vous dire que pour certains candidats, le fait de dire « spé abandonnée » donne à cet enseignement un caractère très optionnel assez vite. Et pourtant… Si elle n’entre que pour 8 % dans le calcul du bac (à peine plus qu’une matière du tronc commun), elle est, elle aussi, scrutée par beaucoup de commissions d’affectation dans le supérieur !


Ce sont tous ces détails qui dégradent la visibilité pour l’obtention du bac et pour la construction du dossier Parcoursup.


3. La seconde GT, un palier devenu crucial… à un moment si peu opportun !


La disparition des séries a permis à des candidats de faire des choix de spécialités n’ayant, a priori, pas de cohérence entre elles. C’est un aspect assumé de la réforme, mais il est important de bien comprendre dès le départ que pour une orientation post-bac, au moment de faire ses vœux sur Parcoursup, la cohérence des spécialités est cruciale. C’est notamment vrai pour environ la moitié des formations qui sont sélectives.


Du côté des chiffres, 226 000 candidats, soit 30 % seulement, choisissent de ne pas panacher ou de ne pas trop panacher les spécialités. On entend par « panacher » le fait de choisir des spés qui ne ressemblent pas aux matières qui formaient le noyau dur des anciennes séries L, ES et S.

Avant la réforme, on était orienté dans une série qui assurait la cohérence des matières. C’était peut-être un peu fermé, mais cela avait l’avantage qu’on ne se posait pas de questions sur les matières à choisir dès la seconde. Dans le nouveau lycée, le choix des spécialités est laissé à la seule décision des familles. L’équipe de professeurs de seconde donne un avis, mais du moment que le conseil de classe est favorable à une poursuite en voie générale, la liberté est totale !


Ce choix des spécialités est à faire en seconde. Pas à l’âge le plus adéquat pour savoir ce qu’on aimerait faire plus tard. C’est aussi un moment où les familles sont les moins informées, car elles viennent de terminer les procédures de fin de 3e. Et pourtant, ces choix vont avoir des répercussions directes sur les procédures d’affectation sur Parcoursup. Parcoursup se prépare donc dès la seconde !



4. Il faut une stratégie et/ou être conscient des facteurs d’orientation


Le niveau acquis au lycée est un bon indicateur de la réussite dans le supérieur, mais c’est aussi vrai pour les choix de spécialités.


Premier cas souvent rencontré : des élèves avec un niveau très satisfaisant qui choisissent leur spécialité en fonction de leur seul intérêt, indépendamment de stratégies pour le supérieur. Il est souvent de la responsabilité du professeur principal de seconde d’alerter sur le fait que l’élève va s’ouvrir à des possibilités qui exigeront une certaine cohérence. Un élève qui veut privilégier son goût pour les cours et qui veut « protéger sa moyenne » ne fait pas toujours un choix judicieux.

Beaucoup d’élèves ne savent pas, en seconde, ce qu’est un BTS, un BUT, une classe préparatoire ou une « prépa intégrée ». Comment faire un choix de spécialité judicieux quand on a une mauvaise connaissance de la sélection dans le supérieur ?


En conclusion, en fin de seconde, il faut une stratégie qui tienne compte d’un ensemble de facteurs (niveau, motivation), mais l’un des plus importants est l’évolution prévisible des vœux découlant d’une meilleure connaissance des possibilités. Aujourd’hui, beaucoup de choses doivent être intégrées dès la seconde pour ne pas se « planter » si, par hasard, on faisait évoluer ses envies vers des filières à forte demande.

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